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Risque climatique : l'EDHEC traduit la science en pertes financières
 

Press review Les Echos

Les marchés financiers savent que le climat est un risque mais ils ne savent pas encore le chiffrer. C'est le vide que Scientific Climate Ratings, une venture de l'EDHEC Business School, entend combler, en quantifiant l'impact du réchauffement sur les fondamentaux macroéconomiques, région par région, pays par pays, avec des probabilités attachées à chaque scénario. (...)

Un chiffre, pas un label

Scientific Climate Ratings n’est donc pas une agence ESG. Elle ne note ni la gouvernance ni les politiques sociales des émetteurs. Sa mission fondamentale est de quantifier puis de projeter l’impact futur des risques physiques sur le PIB régional intra-pays, avec une décomposition fine de cette matérialité dans l’espace et dans le temps. Le résultat s’exprime en pourcentage de variation du PIB par habitant par rapport à un scénario figé où les variables climatiques resteraient fixées sur leur moyenne historique.

Pour y parvenir, l’EDHEC Climate Institute a développé son propre framework, baptisé CLIRMAP : 50 ans de données historiques de PIB régional croisées avec des données climatiques haute résolution de la NASA, un modèle inédit pour isoler la relation causale entre température et production économique, puis une projection aux horizons 2035 et 2050. Les résultats couvrent 3 600 régions infranationales. « Le changement climatique, c’est un phénomène global. Mais le risque climatique, lui, est un phénomène local et financier, » résume Estran-Fraioli.

Ce que la carte dit vraiment

La cartographie qui en résulte bouscule plusieurs évidences. Globalement, le réchauffement se traduit par une perte de PIB par habitant mais sa distribution est profondément inégale. Contre toute attente, certains pays à haute latitude tirent un bénéfice relatif de la hausse des températures : Canada, Russie, Islande figurent parmi les « gagnants ». À l’opposé, les zones tropicales et subsahariennes voient leur productivité sévèrement menacée.

Mais c’est à l’échelle infranationale que les résultats deviennent véritablement opérationnels. « Quand on analyse les États-Unis au niveau global, on passe complètement à côté du sujet, » observe Estran-Fraioli : la Floride et le Texas seront violemment impactés, l’État de Washington beaucoup moins. Nicolas Schneider, Senior Research Engineer – Macroéconomiste à l'EDHEC Climate Institute, prolonge : « L’Italie affiche des dommages inférieurs aux estimations courantes, tandis que le Brésil et l’Asie du Sud-Est devraient connaître des dommages extrêmement agressifs. Ne pas prendre en compte cette hétérogénéité spatiale serait une erreur fondamentale. » (...)

 


 

https://www.lesechos.fr/partenaires/edhec/risque-climatique-ledhec-traduit-la-s… 2026