Et si la température était prise en compte par les agences de notation ? Ce que changerait le Nutri-Score climatique
Climat. L'agence de notation de l'Edhec vient d'attribuer des notes à près de 200 pays, en fonction de leur sensibilité au climat
Et si les agences de notation s'étaient trompées de risque ? Pendant des décennies, la dette souveraine s'est mesurée à l'aune du déficit, du taux d'inflation ou de la stabilité des gouvernements. Un nouvel acteur entend désormais y introduire une variable longtemps demeurée fantôme dans les modèles financiers : la température.
Scientific Climate Ratings, structure adossée à l'Edhec Business School, a dévoilé le 23 juin ses "Sovereign Climate Risk Ratings" — un classement attribuant à 191 États une note allant de A à G, selon l'ampleur des pertes économiques anticipées d'ici 2035 et 2050 sous l'effet du réchauffement chronique. Un Nutri-Score climatique bien plus concret que les nombreux indicateurs ESG déjà disponibles. (...)
Une question de latitude
La géographie influence le verdict. "La recherche macroéconomique est formelle : l'optimum de productivité se situe autour de 13 degrés Celsius", rappelle Nicolas Schneider, économiste à l'Edhec, ce qui tend à défavoriser les pays proches de l'équateur. Ainsi, les nations déjà soumises à des températures élevées écopent logiquement des moins bonnes notes. Le Brésil, classé E, verrait sa productivité chuter de 13 % d'ici à 2050 sous l'effet du réchauffement. À l'inverse, des nations situées sous des latitudes plus fraîches — la Russie, le Canada — pourraient théoriquement enregistrer de légères hausses de productivité à court terme, avant de se laisser rattraper, elles aussi, par la montée inexorable du mercure. (...)
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