Les investisseurs peinent à intégrer le dérèglement climatique dans leurs calculs
(...) Nouveaux cheminements Pour surmonter ces obstacles, certains chercheurs explorent des moyens détournés afin de guider les investisseurs dans leurs allocations de long terme, surtout leurs poches actions. Car les titres de propriété ont une durée de vie théoriquement éternelle, et leur valorisation est traditionnellement extraite loin dans l’avenir via l’actualisation des flux de trésorerie. Près des trois quarts de la valeur d’une action proviennent de la valeur terminale, dont le calcul tout théorique est très dépendant
des hypothèses de croissance au-delà de 15-20 ans, sur un horizon infini.
Or ce travail prospectif ne peut se réduire à triturer les corrélations passées. « Nous ne disposons pas de connaissances historiques car nous n’avons pas encore fait face aux graves conséquences qui pourraient survenir si le changement climatique se matérialisait », rappelle Riccardo Rebonato, senior advisor de l’Edhec Climate Institute et professeur de finance à l’Edhec.
Pour y parvenir, cet économiste a par exemple développé une méthode de calcul partant des limites observables des politiques pour lutter contre le dérèglement climatique. Il intègre notamment le fait que, malgré l’urgence de la situation, aucun gouvernement n’a jusqu’ici dépensé plus qu’il ne le fait pour la santé, et qu’augmenter le coût des émissions carbone est, lui aussi, plafonné, en raison de l’impopularité des taxes directes ou indirectes. A partir de là, il a calculé des distributions de probabilités selon deux approches. La première, qui suit un principe d’entropie maximale, consiste à appliquer une distribution exponentielle sur la base des seules données visibles et des bornes qu’il s’impose. L’autre consiste à corriger les calculs de ses pairs au regard de ses propres contraintes. Les deux voies tendent grosso modo vers une probabilité supérieure à 35 % de dépasser +3°C dici à 2100. Un choc important pour le PIB, et donc les actions, si l’on se réfère aux scénarios climatiques. (...)
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