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La tragédie de la transparence climatique : « Des marchés mieux informés ne corrigent pas d'eux-mêmes la trajectoire » 

Press review Les Echos

Il y a dix ans, Mark Carney promettait que la transparence climatique transformerait les marchés et accélérerait la transition. Bilan : l'information n'a jamais été aussi riche, l'action jamais aussi insuffisante, et les régulateurs battent aujourd'hui en retraite, analyse Frédéric Ducoulombier, de l'EDHEC Business School.

Il y a dix ans, Mark Carney, alors gouverneur de la Banque d'Angleterre et président du Conseil de stabilité financière, faisait entrer la question climatique dans le champ des risques systémiques. Son discours sur la « tragédie de l'horizon » érigeait le changement et les politiques climatiques en risques financiers, et annonçait la création du groupe de travail sur l'information financière liée au climat, dont les recommandations allaient définir un standard mondial de transparence sur les risques climatiques et inspirer les cadres réglementaires de durabilité.

La « tragédie » évoquée tenait au décalage entre le temps long des impacts climatiques et les horizons de décision des autorités prudentielles, du personnel politique et des dirigeants d'entreprise. Attendre que les enjeux climatiques apparaissent sur leurs calendriers condamnerait à agir trop tard. Pour Carney, la transparence devait rompre cette logique : aider les marchés à mieux évaluer les risques, soutenir des politiques publiques plus ambitieuses et stimuler l'innovation.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/la-tragedie-de-la-transparence-clim… 2025